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UN-Real

Curated by Janine Sarbu - Santiago Torres - Dominique Moulon
Paris = Octobre 2024

Le surréalisme, mouvement artistique et littéraire né dans les années 1920, visait à dépasser la réalité visible en explorant l’inconscient, le rêve et les zones instables de l’imaginaire. Fondé sur le rejet de la logique rationnelle et des conventions établies, il cherchait à révéler des associations d’idées inattendues, des images mentales libres et des formes issues d’une pensée non contrôlée. Aujourd’hui, cette ambition trouve un prolongement singulier à travers l’intelligence artificielle, qui introduit une nouvelle dimension dans les processus de création. La rencontre entre surréalisme et IA ne se limite pas à l’usage d’un outil technologique : elle engage la machine comme partenaire actif dans la production de formes, de récits et de visions qui échappent en partie à l’intention humaine. Capable de générer images, textes et structures à partir de vastes ensembles de données, l’IA fonctionne comme une extension contemporaine de la pensée associative chère aux surréalistes.



En programmant des algorithmes pour produire des combinaisons non linéaires, imprévisibles ou volontairement déstabilisantes, les artistes ouvrent un champ où l’absurde, l’inattendu et l’impossible prennent corps sous de nouvelles formes. Les systèmes d’apprentissage automatique, notamment les réseaux neuronaux, permettent de croiser styles, motifs et concepts au-delà des cadres traditionnels, générant des œuvres qui défient encore davantage la représentation du réel. Cette hybridation homme–machine esquisse ainsi un surréalisme renouvelé, non plus centré uniquement sur l’inconscient individuel, mais élargi à une forme de subconscient collectif algorithmique. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle devient le vecteur d’une exploration artistique radicale, capable de repousser les frontières de l’imaginaire et de redéfinir les conditions mêmes de la création contemporaine.j


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Janine Sarbu – Santiago Torres





Plus jamais nous n’observerons les images comme nous le faisions avant l’usage massif et quotidien des intelligences artificielles génératives. On pourrait soutenir que cette rupture n’est pas entièrement nouvelle si l’on considère l’apparition de la photographie, sa démocratisation, ses manipulations analogiques puis numériques, sans oublier ce que l’on appelait autrefois les images « de synthèse ». Pourtant, quelque chose de plus profond s’est produit ces dernières années, voire ces derniers mois, bouleversant durablement notre rapport aux faits, et plus largement à la notion même de réel. À l’instar de l’invention de la pellicule par Kodak, qui rendit possible la capture instantanée d’images sur le vif, des services en ligne nous permettent désormais de produire, avec une facilité déconcertante, les figures mêmes de notre imagination. L’imaginaire semble ainsi prendre le pas sur le réel, tout en prolongeant et amplifiant notre désir de virtuel. L’idée selon laquelle nous serions toutes et tous devenus artistes refait surface. Mais cette apparente évidence est trompeuse : si quelques mots suffisent désormais à générer une image, seul un regard exigeant, critique et cultivé permet d’affiner le résultat jusqu’à ce qu’il accède au statut d’œuvre. Quant aux créations contemporaines qui conservent une part de matérialité, elles témoignent de l’attachement profond et persistant au tangible, voire au réel lui-même. Simplement, en cette ère de post-réalité, nous ne les regardons plus ni ne les interprétons de la même manière.


Dominique Moulon

Curator






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